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QUE
C'EST S'ALBAIDA
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S'Albaida est un groupe de jeunes musiciens qui prétendent récupérer les anciennes mélodies et les contes de la tradition, principalement ménorquine, ainsi que recréer celles-ci et les entourer d'une musique essentiellement nouvelle. Un des traits qui caractérise ce groupe c'est le désir de la recherche d'un son propre, avec la volonté de créer une musique actuelle, a partir de ce que nous offre la tradition populaire (conservée en compilations, livres de poésie et matériel divers) et aussi la création poétique la plus actuelle. On pense que l'essence ménorquine est palpable en tout moment. On la perçoit dans les manifestations culturelles et aussi dans les modèles les plus quotidiens du savoir-faire ménorquin. Tout cela c'est ce qu'on prétend transmettre, en ouvrant, aussi l'horizon vers ce que les autres cultures nous offrent.
C'est là qui nait l'idée de "meditérraneité" . les navires de cette mer, depuis très longtemps, ont été en contact par voie maritime. Certainement, on ne peut pas nier l'échange culturel entre ces différentes zones, et encore plus, si on parle de l'île de Minorque, située juste au centre de la Méditerranée occidentale. C'est cet afflux qu'on prétend exprimer dans nos compositions. L'influence de la musique arabe, quelques réminiscences grecques ou des petits traits flamencos (Sud de l'Espagne) sont exemples de ce fait.
La sélection des instruments caractérise le groupe d'une physionomie particulière. On donnent l'importance à l'acoustique et aux instruments qui donne un caractère à cette proposition de musique méditerranéenne. Finalement, la musique qui en résulte est d'une grande variété, en tenant compte de l'ouverture des influences (que c'est aussi l'ouverture que nous offre notre tradition), et à la fois elle représente le son et la marque incomparable de S'Albaida.

Le groupe S'Albaida possède un important échantillon/répertoire de chansons de différentes origines. La base la plus importante est la tradition ménorquine, et celle-ci est travaillée de différentes manière. C'est ainsi qu'on peut trouver plusieurs types de musique, dépendent de ce travail. D'une part, on a des chansons qui sont arrivées par la voie de la tradition, à travers les contes ou, simplement, elles sont connues et chantées par d'autres. À continuation, le groupe fait un version. C'est le cas de Romanc de na Cecilia ( L'histoire de Cecilia ) , Fora de sa ciutat ( Hors la ville ) o Es forat endimoniat (Le trou démoniaque ). Un cas semblable pourrait être la version faite de Ses Caramelles , un petit couplet qui chantait au début du siècle la ménorquine Pilar Alonso, qui chantait des chansons très connues comme Baixant de la Font del Gat ( En descendant de la fontaine du chat ) ou Marieta de l'ull viu ( Marieta de l'il coquin ).
Un autre groupe de chansons sont celles qui conservent la parole et la mélodie principale, celle qui accompagne cette parole. De cette façon, donc, le travail était celui de faire une composition pour finir la chanson, ajouter les instruments, arranger la pièce et introduire toutes les parties qui restaient au début, a la fin et au milieu de la strophe chantée, les changements de rythme, de mesure Les exemples sont "Sa nit de Sant Joan" ( "La nuit de Sant Joan" ), "Sant Antoni i el dimoni" ( "Sant Antoni et le diable" ), "Un cavaller" ( "Un cavalier" ), "Sa porquerola" ou "L'amo de son Carabassa" ("Le maître de son Carabassa" ). Grâce à cela, on réussit à donner une vitalité aux thèmes.
Dans d'autres cas, ce qui arrive de la tradition c'est que la
parole et les strophes, mais pas la musique, que celle-ci est crée par
S'Albaida. C'est un matériau extrait des contes, dont on a adapté
une mélodie et on a fait quelques arrangements. C'est le cas de certaines
chansons comme "L'amo en Xec" ( "Le maître Xec" ),
"Tabac de pota" ( Tabac de " pota " ), "Jota per un
dia de Sant Jordi" ( "Jota pour un Jour de Sant Jordi" ), "Fandango
polit" ( "Joli fandango" ), "Clavellet", "Glosat
fandanguer" ( "Glose de fandango" ), "Pinta a la Bombé"
ou "Fa set segles" ( "Il y a set siècles" ). Dans
certains cas, les textes ne proviennent pas des contes, mais de poèmes
actuels comme c'est le cas de "Romanc dels infinitius" ( "conte
des infinitifs" ), "A un vell Ullastre" ( "À un vieux
Olivier" ), "Guaita el sud" ou "Pàtria" ( "Patrie"
). Les cas de "Argonauta" ("Argonaute" ) et "Obituari"
sont des modèles de poèmes récités (le poète
est Ponç Pons).
Finalement, il y a une série de chansons qui sont des pièces instrumentales,
crées par le groupe, qui pourraient être "Fandango per al
Sud" ( "Fandango pour le sud" ), "Bolero des pouets"
( "Boléro des petits puits" ), "S'Espiga" ("
L'Épi ") ou "Davallant de Santa Àgueda" ( "En
descendant de Santa Àgueda" ). Cette dernière inclue un texte
d'un auteur actuel.
De cette manière, le répertoire est assez varié avec différents
rythmes et styles de musique. On veut faire une longue promenade à travers
la tradition et l'amplifier davantage avec nos apports.

Un des traits qui nous caractérise c'est notre engagement vers un projet culturel important. D'un côté, on cherche l'ouverture vers l'égalité, vers la tolérance entre les cultures; c'est pour cela qu'on essaye de faire une musique méditerranéenne. De l'autre côté, on réclame une ménorquinité comme composant d'un catalanisme culturel. Les terres de langues catalane ont un lien que parfois on oublie et on doit en être conscient. Pour ce projet, il est nécessaire de chercher notre identité, celle qu'on possède maintenant, dans le savoir-faire de nos ancêtres. On est successeur d'une société essentiellement campagnarde, avec une structure dépassée, mais que de quelque manière nous sentons encore notre. Cette ancienne société, pratiquement éteinte , est apparue il y a beaucoup d'années, en conservant des murs, des musiques, des mélodies, qui sont, pour nous, très importantes, puisqu' elles cachent une façon d'être particulière. Mais ce n'est pas tout seulement une société ancienne et rurale, il existe aussi le souvenir d'une Minorque avec de projection de futur, berceau des grandes personnes littéraires et que lutte pour sa liberté; Tout cela est aussi présent dans notre travail. C'est, donc, ce matériel qu'on essaye de récupérer de l'oublie et l'offrir à un grand public après l'avoir passé par un processus de rangement et de révision, mais en laissant intact l'état de la langue, dont il a été conservé. On essaye de ne jamais oublier que la langue c'est l'indice le plus important de notre identité et de notre richesse. Pour nous la langue conservée dans ces textes est d'une importance vitale. Il y a des chansons qui sont un véritable trésor de conservation de certains modes linguistiques qui dénotent une richesse palpable du langage.
Les contes comme par exemples ceux de Francesc d'Albranca, Andreu
Ferrer, Llorenç Galmés, Deseado Mercadal ou Joan Amades sont nos
principaux points de référence. Les gloses, les strophes des anciennes
chansons, ces textes d'une allure bien populaire fournissent une grande partie
des compositions de S'Albaida. Ces textes on peut aussi les trouver dans les
cahiers de folklore ou dans certaines éditions comme celle que l'Archiduc
Lluís Salvador consacre aux Îles Baléares. On extrait aussi
les lettres de notre musique des compositions de certains poètes ménorquins
contemporains comme Pere Xerxa, Ponç Pons, Antoni Català, Àngel
Ruiz i Pablo ou Antoni Deig. La poésie donne valeur à un peuple
et c'est pour cela qu'on a décidé de transformer en musique l'uvre
de nos meilleurs poètes. C'est ce qui démontre qu'une société
comme la ménorquine non seulement vit à travers des souvenirs,
mais aussi elle continue à se manifester pleinement en vigueur.